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Me Assane Dioma Ndiaye : « Il faut qu’on laisse les libertés s’exercer dans ce pays! »

« À chaque fois qu’une marche est encadrée, il n’y a aucun problème. On concilie l’exigence de l’exercice des libertés fondamentales et la préservation de l’intérêt de l’ordre public et la tranquillité publique. Mais à chaque fois que l’État du Sénégal s’oppose à l’expression d’une liberté fondamentale, on constate une répression tous azimuts et des images humiliantes et indignes circulent à travers le Sénégal et le monde entier », a réagi Me Assane Dioma Ndiaye à la répression policière de la manifestation de l’opposition, hier mardi.

« Il est alors temps qu’on tire des leçons de tout cela parce qu’on ne peut pas consacrer des libertés fondamentales et en même temps s’opposer à l’expression de ces mêmes libertés. On ne peut pas opter pour un système démocratique et faire en sorte qu’il n’y ait pas une expression plurielle, celle du droit à la différence, et qu’on ne soit pas tolérant, équilibré », souligne le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme.

De l’avis du juriste, le problème c’est qu’on est resté incrusté dans la culture du pouvoir unique. « Nous donnons raison aux afro-pessimistes qui disent que les Africains ont un rapport pathologique avec le pouvoir. Si nous voulons aspirer à une émergence, si nous voulons aller dans le sens de l’histoire, il nous faudra nécessairement faire une introspection et savoir qu’il n’existe pas d’autres alternatives en dehors d’une société démocratique, et surtout dans le respect des libertés fondamentales », clame-t-il.

« L’ère d’un exercice absolutiste du pouvoir et d’une négation des droits, même s’il s’agit de minorité, c’est révolu. Si la répression était productive il n’y aurait pas la chute du mur de Berlin, il n’y aurait pas non plus le printemps arabe, ni tous ces bouleversements que la société humaine moderne a connus. Il est alors temps qu’on aille vers une société civilisée reposant sur une gouvernance transparente et démocratique, et il faut qu’on laisse les libertés s’exercer dans ce pays », a-t-il conclu.

Dakar Matin