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Les minutes du procès Khalifa Sall

La deuxième journée du procès de Khalifa Sall et Cie s’est achevée ce mercredi à 18 heures. L’audience reprendra ce jeudi à partir de 9 heures. Les débats ont porté sur la recevabilité des constitutions de l’État et de la Ville de Dakar. Retour sur une journée riche en empoignades entre avocats.

JOUTES « Les nullards, les maquisards »

Me El Hadji Diouf, avocat de la défense, s’est complètement défoulé sur ses adversaires dans le procès de Khalifa Sall et Cie. « Nous avons une partie civile clandestine, s’emporte-t-il. On entre dans la clandestinité comme on entre dans le maquis comme en Casamance. Vous êtes des usurpateurs. Des maquisards. Quand on veut violer la loi, on rejette la ville, on l’enterre et on vient la remplacer. Une loi qui prévoit la personnalité juridique, l’autonomie financière, ce n’est pas leur problème. »

Des propos qui ont fait sortir de leurs gonds Me Baboucar Cissé, avocat de l’État. Qui s’insurge : « Je suis sidéré par ce que j’ai entendu de mes confrères qui, à mon avis, n’ont pas leur place dans ce prétoire. C’est désolant. Un de mes confrères nous a traités de maquisards, de nullards. Je pense que quand on parle de maquisards et de nullards, on doit trier ceux à qui sont adressés ces propos. Mais ce mot est injurieux. Je tenais à le relever. Et je vais le relever à nouveau. »

ÉCART Un Procureur ne doit pas dire ça

Le procureur de la République a peut-être regretté de s’être laissé aller à une blague au cours du procès de Khalifa Sall. Surfant sur l’accusation portée contre lui selon laquelle il tiendrait coûte que coûte à couper des têtes, Serigne Bassirou Guèye a dit : « Je préfère ma tête rasée à la sienne (celle de Khalifa Sall). Moi je me rase d’ailleurs la tête chaque matin. »

« Ce n’est pas respectueux de votre part, devant cette salle d’audience, de faire l’apologie des têtes rasées, s’est insurgée Ndèye Fatou Touré, avocate de la défense. J’ai été très affectée. Nous sommes là pour une affaire très sérieuse. Nous sommes devant un dossier très sérieux. »

LANGAGE Les gros mots qui ont choqué le juge Lamotte

À Me Samba Bitèye, avocat de l’État, qui a lancé contre Khalifa Sall une pique acerbe, Me Amadou Sall a répliqué à la mesure de la charge.

« Cin bu fexul benul, yax ba fa nekon da nuka fay feek (littéralement, « une marmite intacte ne perd pas l’os qu’elle contient ») », a lancé le premier.

Le second, des heures plus tard, de répondre : « Cin bu fexul benul, gaat ga lak lakalee yax ba fa nekone (« littéralement, la marmite ne bout pas, c’est son derrière qui a cramé. Emportant le bout de l’os qu’elle contenait »). »

Cette réplique a poussé le président de l’audience, Malick Lamotte, à faire un rappel à l’ordre à Me Sall : « C’est des propos inappropriés. Je ne souhaiterais pas qu’on utilise certaines expressions dans une salle d’audience. »

ENJEU « Si la justice ne rassure pas les Sénégalais… »

Avec le procès de Khalifa Sall et Cie, la justice sénégalaise a mis sur la balance sa crédibilité. C’est la conviction de l’un des avocats du maire de Dakar, Me Amadou Sall, qui l’a clamée à 15 heures à la reprise de l’audience suspendue deux heures plus tôt.

PAUSE L’audience suspendue jusqu’à 15 h

Le procès de Khalifa Sall et Cie, qui se déroule depuis hier, a été suspendu ce mercredi à 13 heures. L’audience reprendra à 15 heures.

Hier comme aujourd’hui, les débats ont porté essentiellement sur la recevabilité de la constitution de la Ville de Dakar et de celle de l’Agent judiciaire de l’État.

CONSTITUTION Le procureur admet l’État et écarte la Ville de Dakar